Pour une société plus simple

Nous vivons quotidiennement dans la complexité, sans en avoir toujours conscience, pour notre alimentation, notre logement, nos déplacements, nos achats, les services que nous sollicitons et la gestion de notre société elle-même. […]

Si l’on accepte le fait que le monde va toujours vers plus de complexité, et que c’est cela le progrès, il faut se poser la question de savoir dans quel domaine nous pouvons poursuivre une telle complexification, sans la rendre mortelle. Nous sommes placés face à un choix : entre une complexification technique accompagnée d’une augmentation des coûts de fonctionnement de la société et une complexification et un enrichissement des processus humains accompagnés d’une simplification technique.

Article paru dans Christus, n° 244, octobre 2014

Menace de grève dans la noosphère !

L’Homme cherche et cherchera toujours à progresser. Le sens de l’évolution, qui correspond ici au progrès, c’est un accroissement de la complexité dans l’unité, donc de la conscience. L’Homme n’est prêt à continuer ses efforts s’il est assuré d’un résultat, et d’un résultat qui ne meurt pas. Sinon il fera grève dans le domaine qui est devenu dominant pour le progrès, celui de la pensée. Nous sommes à l’heure du choix, entre le progrès technique qui nous renferme sur nous-mêmes ou le progrès de la conscience convergeant vers un état supérieur de stabilité. Tout l’intérêt de Teilhard de Chardin est de situer ce choix non pas sur un plan moral, ni social ou économique, mais par rapport à l’histoire de l’évolution. Lire la suite « Menace de grève dans la noosphère ! » →

Philippe Bihouix, L’âge des low tech

Voici un livre drôle, engagé, instructif, qui donne envie d’agir. Pas si courant. Un livre parfois vite écrit, approximatif, mais ça fait partie du jeu. C’est une symphonie inachevée.

Le titre est accrocheur, mais le livre ne traite pas que de technologies, il aborde aussi les questions de l’épuisement des ressources, de la baisse nécessaire de la consommation, des politiques monétaires… Nous rendons compte ici essentiellement de l’aspect relatif aux technologies et à la consommation, le reste étant développé dans de nombreuses autres Lire la suite « Philippe Bihouix, L’âge des low tech » →

Modéliser l’effondrement

De nombreux travaux ont décrit l’effondrement des civilisations au cours de l’histoire des Hommes (voir par exemple les travaux de Jospeh Tainter sur ce blog). Trois chercheurs des universités de Maryland et du Minnesota ont publié un article[1] où ils s’essaient à modéliser l’évolution des sociétés humaines en fonction de quatre critères : la population, les ressources naturelles, le surplus accumulé dénommé richesse, et enfin le degré d’inégalité de revenu dans la société. Ces variables sont intégrées dans un modèle Lire la suite « Modéliser l’effondrement » →

Anthropologie de la transition écologique

Notre projet est de mettre en perspective les enjeux de la « transition énergétique » avec les fondements culturels de notre société, à partir d’un regard anthropologique. Nous nous appuyons principalement sur les travaux de Philippe Descola[1] pour les relations Homme/Nature, et sur Ivan Illich et Alain Gras pour la place de l‘énergie dans le modèle occidental. Nous ne réussirons pas la transition énergétique sans changer aussi notre modèle de relations Homme/Nature et la place de l’énergie dans notre imaginaire social.

L’opposition entre nature et culture, une spécificité occidentale

Le rapport à nos ressources, dont l’énergie, fait partie de notre rapport plus global à la Lire la suite « Anthropologie de la transition écologique » →

Ce que les chrétiens ont à dire sur l’écologie

Reconnaître nos limites

Le fait religieux a été exclu du principe de légitimation du pouvoir pour être remplacé par le pouvoir du peuple à la fin du XVIIIe siècle. C’est le renversement de la relation pouvoir /société. On est passé du pouvoir cause de la société au pouvoir effet de la société. Marcel Gauchet a finement analysé ce renversement et la place prise par le libéralisme[1].

Ne sommes-nous pas dans une phase d’un nouveau renversement, en ce début du XXIe siècle, avec l’atteinte des limites de notre monde qui s’imposent au pouvoir des Hommes, à l’image de la transcendance dans l’ancien régime ? En effet le pouvoir issu du peuple est Lire la suite « Ce que les chrétiens ont à dire sur l’écologie » →

Paroles de Francis Hallé

J’ai vu le film de Francis Hallé, Il était une forêt. Prenant. je retiens en particulier deux de ses réflexions, à partager.

Nous souffrons de notre puissance.

Les arbres sont nos racines : l’animal règne sur l’espace, l’arbre règne sur le temps.

A rapprocher du constat que les arbres ont un génome beaucoup plus complexe que celui des animaux, car ils doivent s’adapter sans bouger sur une longue période (dans son ouvrage L’arbre).

Mais… un ami m’a transmis une appréciation critique de ces formules, que je reprends donc ici.

Les arbres ne sont pas à l’origine des animaux, les deux règnes provenant d’un ancêtre commun. Ils ne sont donc pas les racines de notre existence, même si nous en dépendons, comme des espèces animales, pour notre vie.

Le génome de l’arbre n’est pas plus complexe, il peut être plus important que celui des animaux car certains végétaux sont polyploides et accumulent des gènes provenant d’espèces proches. Ce n’est pas plus complexe mais redondant.

Enfin l’adaptation des arbres est une adaptation des individus à leur environnement, pas une évolution, les deux notions doivent être distinguées.

La distinction espace temps entre les règnes animal et végétal doit être précisée. Les animaux sont plus mobiles sur l’espace, tandis que les végétaux couvrent, d’un point de vue statique, la plus grande part de l’espace terrestre émergé. Et des végétaux ont une durée de vie très longue (« ils règnent sur le temps »), bien que l’on trouve des animaux marins comme les colonies de coraux qui ont également une durée de vie très longue.

Il n’empêche ! Pour moi le monde végétal est, globalement, signe de durée, et les animaux de mobilité.

 

 

Le progrès et Notre-Dame-des-Landes

Les deux versants du progrès

Entre croissance et décroissance

Le dialogue entre partisans de la croissance et promoteurs de la décroissance est souvent difficile, voire impossible même entre des amis. Constater que l’on est en désaccord c’est en effet reconnaître une valeur à la position de l’autre, ce qui semble inimaginable pour une grande partie des tenants de la croissance. Pourtant ce dialogue est d’autant plus nécessaire, mais d’autant plus difficile, qu’il concerne des projets concrets, comme nous le vivons actuellement au sujet de Notre-Dame-des-Landes. Nous voudrions montrer qu’il y a des pistes pour engager ce dialogue, passer une première étape, en commençant par Lire la suite « Le progrès et Notre-Dame-des-Landes » →

Le joueur

Bernard Perret considère que l’homme moderne a fait un pari « faustien » : il sacrifie son avenir pour mieux jouir du présent. C’est vrai comme résultat de la conduite actuelle des hommes, mais ceci ne nous parle pas des motivations de cette conduite. La description du joueur de Dostoïevski est ici très éclairante. Quelles sont les motivations du joueur ? Gagner, briller, espérer.

Gagner, c’est une nécessité pour l’entrepreneur dans une économie de marche dominée Lire la suite « Le joueur » →