Le loup, l’agneau et le berger

Baptiste Morizot, Manières d’être vivant, Actes sud, 2020

Voilà un livre original, qui combine le récit du pistage des loups dans la montagne et une réflexion philosophique affûtée. Les oppositions entre les éleveurs de moutons et les défenseurs du loup, et les oppositions entre le naturalisme, l’animisme et les antispécistes. L’idée force est que nous faisons tous partie du vivant, comme les fils d’un tissu, et que la crise écologique est une crise de notre sensibilité. Lire la suite « Le loup, l’agneau et le berger »

Amour de la nature et engagement

A propos de l’ouvrage de Glenn Albrecht, Les émotions de la terre, Les liens qui libèrent, 2020.

L’auteur est connu pour avoir créé le concept de solastalgie, le sentiment de perte liée à la dégradation du milieu naturel, du paysage. Il reprend dans cet ouvrage l’histoire de ce concept et en avance un nouveau, le Symbiocène. C’est un ouvrage nourri de références anglo-saxonnes, plus quelques incursions vers la psychanalyse. Nous ferons Lire la suite « Amour de la nature et engagement »

L’avenir circulaire, à quoi cela ressemblera ?

A propos d’un article de Thomas Bauwens⁎, Marko Hekkert, Julian Kirchherr, Circular futures: What Will They Look Like?

https://doi.org/10.1016/j.ecolecon.2020.106703

Ecological economics, 15 mai 2020

Qu’est-ce que l’économie circulaire ? Une tendance défendue par de nombreux acteurs, de tous bords, chef d’entreprise et écologistes de terrain, mais sans définition précise, et surtout peu contextualisée. Les auteurs de cet article tentent de caractériser, classer les différentes formes de cette Lire la suite « L’avenir circulaire, à quoi cela ressemblera ? »

Diminuer la productivité pour libérer le travail

Histoire de deux utopies : le travail dans un monde de l’après-croissance

Simon Mair⁎, Angela Druckman, Tim Jackson, Ecological Economics, 21 mars 2020 https://doi.org/10.1016/j.ecolecon.2020.106653

Les auteurs de cet article réussissent un tour de force, annoncer que dans le futur nous travaillerons plus et promouvoir le revenu universel. Du coup je serai presque favorable à la proposition du revenu universel telle qu’elle est présentée.

En s’inspirant librement des utopies des siècles précédents, dont ils considèrent Lire la suite « Diminuer la productivité pour libérer le travail »

La pyramide inversée, une vision de l’économie réelle

La pyramide inversée, Louison Cahen-Fourot, Emanuele Campiglio, Elena Dawkins, Antoine Gaudin, Erik Kemp-Benedict, (Université de Vienne, Institute for ecological economics, 2019)

On analyse habituellement le poids d’un secteur économique à sa part dans la valeur ajoutée (sa part dans le PIB), c’est-à-dire approximativement en référence au poids de la main d’œuvre employée et à l’usage du capital. Une autre façon de Lire la suite « La pyramide inversée, une vision de l’économie réelle »

Croissance et démocratie, un couple à réinventer

Note de lecture de Pierre Charbonnier, Abondance et liberté, Une histoire environnementale des idées politiques, La Découverte, 2020

C’est un ouvrage un peu long, mais partager une conviction forte : il est possible de faire advenir une écologie politique à la hauteur des enjeux de la crise de la biosphère, à condition de réinventer l’idéal de liberté hérité de la Révolution française, et de l’associer à la protection du territoire comme garant de notre liberté. Il est possible de choisir une Lire la suite « Croissance et démocratie, un couple à réinventer »

Le temps et l’espace de la démocratie écologique

Il y a une contradiction entre le temps court de la démocratie et le temps long des enjeux écologiques, mais ce n’est pas en bricolant les instances démocratiques dans le cadre territorial actuel que l’on pourra dépasser cette contradiction. Il faut repenser le cadre territorial dans la perspective de la conversion écologique et démocratique. Le cadre des grands États n’est compatible ni avec les enjeux écologiques, ni avec un réel processus démocratique (le processus formel est respecté mais en mode très dégradé). Lire la suite « Le temps et l’espace de la démocratie écologique »

Lettre à nos élus sur la PMA

Voici la lettre que j’ai envoyée à mon député et à mon sénateur.

Monsieur le Député,

Vous avez débattu de la révision de la loi de bioéthique, et vous serez appelé à la voter en seconde lecture début 2020. Avant cette étape décisive, je voudrais vous alerter sur les dangers que je ressens vis à vis de ce projet.

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Aimer le monde ou mourir

C’est le titre d’une chronique de Ron Rash dans le journal Le Monde du dimanche 23 décembre. La chronique parle de la qualité de l’eau, de plus en plus désastreuse aux États-Unis. C’est le titre qui m’a accroché. Je commence mes interventions sur Laudato si en citant le pape François qui nous demande :  » d’oser transformer en souffrance personnelle ce qui se passe dans le monde, et ainsi de reconnaître la contribution que chacun peut apporter. » (LS 19).
Ce n’est qu’en aimant la Terre et les hommes que nous pouvons nous engager à ne plus les détruire, ce n’est pas par des raisonnements ou des rapports d’experts. Les rapports aident à comprendre et à discerner qu’elle peut être une conduite raisonnable. Le motivation d’origine c’est l’amour.

La situation est désespérée mais ce n’est pas grave…

Le philosophe et protestant Martin Steffens a publié récemment un article sur ce thème à propos de la bioéthique. Nous le reprenons à propos du climat.

Oui le climat se dégrade, la biodiversité disparaît, c’est désormais probablement sans espoir (cf. le rapport spécial n° 15 du GIECC d’octobre 2018) donc désespéré. Mais ce n’est pas grave car…

Du point de vue scientifique la durée de vie de l’espèce humaine est de toutes façons limitée. Nous existons déjà depuis environ sept millions d’années. Il y aura une fin.

Du point de vue religieux chrétien la fin de l’humanité se nomme l’apocalypse, ce qui n’est pas une catastrophe mais une bonne Lire la suite « La situation est désespérée mais ce n’est pas grave… »