Les déchets tuent

Au Sri Lanka, au moins 29 personnes sont mortes dans l’effondrement d’une montagne d’ordures sur un bidonville de Colombo, la capitale, vendredi 14 avril 2017. La culture du déchet tue, et menace notre monde d’effondrement total. Une illustration, malheureuse, de l’encyclique Laudato si (§ 21 et 22) :

 La terre, notre maison commune, semble se transformer toujours davantage en un immense dépotoir. […] Ces problèmes sont intimement liés à la culture du déchet, qui affecte aussi bien les personnes exclues que les choses, vite transformées en ordures.

L’ami de Saint-François

Film. L’ami de Saint François. Décembre 2016
Il y a dans ce film un passage fort quand Élie commence à cultiver un bout de terre, et se fait réprimander par ses compagnons. Il veut aider les pauvres, alors que François dit qu’il suffit de recevoir, de partager la vie des pauvres. C’est de l’orgueil lui disent-ils. Et après la terre, tu voudras une maison, et après un château.

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Lazare, le riche et le climat

Evangile Luc 16, 19-31, Lazare et le riche

Le riche était dans la fournaise, et il demande à Abraham de lui envoyer Lazare avec un doigt mouillé pour le rafraîchir. Abraham refuse, personne ne peut franchir l’abîme qui les sépare, ni dans un sens ni dans l’autre. Alors le riche lui demande d’envoyer Lazare sur la terre pour porter témoignage auprès de ses cinq frères. Abraham lui répond que ses frères ont Moïse et les prophètes et que s’ils ne les écoutent pas ils n’écouteront pas plus quelqu’un qui revient de chez les morts.

Nous avons eu les avertissements d’Henri David Thoreau, d’Ivan Illich, Jacques Ellul ou Arne Naess, et aujourd’hui de si nous n’écoutons pas le pape François et les prophètes d’aujourd’hui, comme Jean Jouzel, Nicolas Hulot, Bernard Hallet, Pierre Rahbi, Cecile Renouard… Nous n’écouterons pas plus ceux qui reviendraient du royaume des morts. C’est à dire ceux qui seraient la preuve, mort-vivante, du devenir de ceux qui ne croient pas.

La preuve ne change pas le cœur de l’homme. L’acceptation de sa pauvreté seule peut le conduire à changer.

Une autre façon de le dire est que « Nous ne croyons pas ce que nous savons ». Le savoir est nécessaire, mais il peut seulement étayer la conviction. C’est mon cœur qui doit changer, ma tentation du pouvoir sur la nature, les autres, le temps et les événements, que je dois abandonner, pour pouvoir comprendre ce qui nous arrive, ce que nous faisons à la nature et aux hommes, à la Création, donc au Dieu créateur.

Ceux qui contestent la nécessité de reconnaître nos limites ou de réduire notre consommation ne croient que ce qu’ils voient. Comme ils ne voient pas le CO2, l’acidité des océans, les radiations nucléaires, ils ne croient pas que notre environnement est attaqué. Ils sont comme Saint Thomas qui ne voulait pas croire que Jésus était ressuscité. Il ne s’agit pas de dire que la foi en Dieu est de même nature que la reconnaissance du changement climatique, nous ferions la même erreur que ceux qui parlent de foi dans le progrès. Mais c’est la question de l’invisible qui est posée.