Croissance et démocratie, un couple à réinventer

Note de lecture de Pierre Charbonnier, Abondance et liberté, Une histoire environnementale des idées politiques, La Découverte, 2020

C’est un ouvrage un peu long, mais partager une conviction forte : il est possible de faire advenir une écologie politique à la hauteur des enjeux de la crise de la biosphère, à condition de réinventer l’idéal de liberté hérité de la Révolution française, et de l’associer à la protection du territoire comme garant de notre liberté. Il est possible de choisir une Lire la suite « Croissance et démocratie, un couple à réinventer »

Le temps et l’espace de la démocratie écologique

Il y a une contradiction entre le temps court de la démocratie et le temps long des enjeux écologiques, mais ce n’est pas en bricolant les instances démocratiques dans le cadre territorial actuel que l’on pourra dépasser cette contradiction. Il faut repenser le cadre territorial dans la perspective de la conversion écologique et démocratique. Le cadre des grands États n’est compatible ni avec les enjeux écologiques, ni avec un réel processus démocratique (le processus formel est respecté mais en mode très dégradé). Lire la suite « Le temps et l’espace de la démocratie écologique »

Comment meurent les démocraties

Steven Levitsky et Daniel Ziblatt, La mort des démocraties, Calman Lévy, 2019

Le titre original, How democracies die, est plus explicite. Les auteurs cherchent à expliquer l’affaiblissement des régimes démocratiques constaté dans le Monde actuellement. Leur analyse est plus une analyse des processus que des causes profondes, Lire la suite « Comment meurent les démocraties »

Sobriété et permaculture circulaire

Note de lecture de l’ouvrage de Christian Arnsperger, Dominique Bourg, Ecologie intégrale, Pour une société permacirculaire, PUF, 2017.

Voilà un petit livre doublement intéressant. D’abord parce qu’il associe étroitement la dimension personnelle et la dimension collective, la sobriété choisie et la réduction de la consommation de matière dans l’économie. Ensuite parce qu’il tente de proposer des indicateurs pour guider notre chemin vers une société soutenable ayant une empreinte écologique d’une planète.

La société que nous proposent les deux auteurs repose sur deux principes la permacircularité et la sobriété volontaire. Ou plutôt l’inverse, la sobriété choisie d’abord, volontaire, pour des raisons plus philosophiques et Lire la suite « Sobriété et permaculture circulaire »

L’holocauste comme avertissement, selon Snyder

Note de lecture, Arnaud du Crest

Thimoty Snyder, Black earth, the holocaust as history ans warning, Duggan boots, New York, 2015

En italiques : nos propres commentaires

Ce livre de Timothy Snyder est d’actualité. L’Ukraine est, comme en 1938, au centre d’une confrontation entre deux puissances, la Russie tente de repousser ses frontières comme Staline le tentait en 1939. Son titre, Terres noires, désigne ces terres fertiles des plaines d’Ukraine.

La relation entre science et politique, dont Snyder fait une composante forte de Lire la suite « L’holocauste comme avertissement, selon Snyder »

Les nourritures, Corinne Pelluchon, Note de lecture

Les nourritures, Corinne Pelluchon, Seuil, L’ordre philosophique, 2014

Note de lecture

Nous avons bien apprécié la tentative de définition d’un nouveau contrat social, la séparation entre morale et politique, l’importance de la délibération, l’accent mis sur le goût. Mais nous restons dubitatifs sur le caractère systématique de la phénoménologie des nourritures, un raisonnement bine compliqué pour dire des choses assez simples et connues, sur le droit des animaux et en attente de l’éthique des vertus.

Pourquoi la prise en considération des enjeux environnementaux n’a-t-elle pas transformé la démocratie ? annonce le début de la 4ème de couverture. C’est effectivement la question centrale aujourd’hui. Parce que nous restons dans une démocratie concurrentielle et non Lire la suite « Les nourritures, Corinne Pelluchon, Note de lecture »

Basam-Damdu contre l’occident

Avez-vous lu le dernier Blake et Mortimer paru en décembre 2014, Le bâton de Plutarque ?

Il renouvelle l’intrigue classique de la 3e guerre mondiale et du péril jaune, et l’explicite dans la dernière vignette de la planche 37 : « Il faut que les alliés et les nazis continuent à s’affaiblir mutuellement le plus longtemps possible. Ce sera tout bénéfice pour notre empereur, après cette guerre » dit le colonel Olrik. Je ne peux lire cette aventure sans faire un parallèle avec notre monde d’aujourd’hui. Nous nous affaiblissons mutuellement par la concurrence entre les pays dits développés, concurrence qui génère le chômage par une course infinie à la productivité et affaiblit donc nos démocraties. Nous nous affaiblissons en menant des guerres économiques sans aucun projet sociétal. C’est laisser la place à l’ennemi, aux idéologies totalitaires, à ceux qui promettent de redonner un sens à la vie. Alors que nous avons, dans notre héritage, tout ce qu’il faut pour donner ce sens, mais il semblerait que seule l’économie compte ? C’est pourtant ce que l’on ne peut pas compter qui fait vivre, il est temps de le rappeler.

Politique et transcendance

Dans Condition de l’homme moderne[1], Hannah Arendt écrit que sans transcendance aucune action politique n’est possible:

“A défaut de cette transcendance qui les fait accéder à une immortalité terrestre virtuelle, aucune politique au sens strict, aucun monde commun, aucun domaine public ne sont possibles. Car, à la différence du bien commun tel que l’entendait le christianisme – le salut de l’âme, préoccupation commune de tous –, le monde commun est ce qui nous accueille à notre naissance, ce que nous laissons derrière nous en mourant. Il transcende notre vie aussi bien dans le passé que dans l’avenir; il était là avant nous, il survivra au bref Lire la suite « Politique et transcendance »