Écologie et démocratie

La question écologique est une question politique, elle ne peut pas être traitée sans aborder notre système politique. Il ne s’agit pas seulement de distinguer entre ceux qui défendent une écologie ethnocentrée ou une écologie bio centrée, mais de distinguer entre ceux qui essaient de développer une écologie sans remettre en cause le système démocratique (certains mettant en cause le capitalisme, d’autres non) et ceux qui remettent en cause ce système. Il y a donc trois types d’oppositions possibles et complémentaires :

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Primauté du vivant, nouveau paradigme ?

Dominique Bourg, Sophie Swaton, Primauté du vivant, PUF, 2022.

Cet ouvrage s’appuie sur de nombreux auteurs, dans les domaines philosophique, biologique, mathématique… pour converger vers un but, montrer que nous sommes dans une période de changement de paradigme. Ce changement sera-t-il assez rapide pour éviter la crise écologique ? Sans doute pas, mais c’est la base sur laquelle nous pourrions reconstruire.

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Crise climatique : réveillons nous !

Le résumé technique du groupe 3 du 6ème rapport du Giec, paru en avril 2022, est à la fois inquiétant et mobilisateur.

Inquiétant dans les constats.

Nous continuons à augmenter la consommation d’énergie et les émissions de GES – Gaz à effet de serre (59 Gt équivalent CO2) de l’ordre de 1,3% par an, à ce rythme nous aurons consommé tout notre bilan carbone restant (510 Gt) de 2019 à 2030 et il ne faudrait alors plus émettre aucun GES si nous voulons avoir suffisamment de chances pour limiter la hausse de la température à 1,5° C ou 2° C.

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Dimensions spirituelles de la crise écologique

Exposé à l’Université permanente de Nantes, 21 mars 2022

Les explications de notre non-prise en compte des enjeux de la crise écologique sont innombrables. Elles sont biologiques (la préférence au cout terme, les émissions de dopamine), psychologiques (dissonance cognitive), économiques (temps de retour sur investissement), cognitives (prévisions linéaires, décalage entre notre capacité d’action et notre capacité de réflexion, amnésie intergénérationnelle), politiques (encore la préférence pour le court terme), idéologiques (croyance au progrès) … il y en a trop pour que cela ait un sens. La raison profonde est ailleurs, c’est la question de ce soir.

La crise écologique a-t-elle une dimension spirituelle ?

Oui. Pour trois raisons.
La crise écologique remet en cause notre relation aux vivants non-humains.
La crise écologique remet en cause notre rapport aux humains des générations futures, notre rapport à la mort.
Nous ne changerons pas notre mode de vie si nous ne changeons pas notre relation entre notre tête et notre cœur. Lire la suite « Dimensions spirituelles de la crise écologique »

Les formes du visible

Philippe Descola, Les formes du visible, Seuil, 2021

Cet ouvrage applique aux images, à l’art, la théorie des quatre types de relation homme/nature : animisme, totémisme, naturalisme, analogisme. Quatre visions du monde.

Cette note est très réductrice, c’est une sorte d’aide-mémoire pour se repérer dans les 660 pages de l’ouvrage qui donne une vision mondiale d’une ethnologie de la représentation, et pas de toutes les représentations, ce n’est sans doute pas possible, mais de celles qui peuvent éclairer, illustrer, la théorie des relations homme/nature développée dans le précédent ouvrage de Philippe Descola, Par delà nature et culture.

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Une lutte de classe écologique ?

Bruno Latour et Nikolaj Schultz, Mémo sur la nouvelle classe écologique, Les empêcheurs de penser en rond, 2021.

La question que posent les auteurs, c’est pourquoi la question de l’écologie est omniprésente et qu’il ne se passe rien ? Pour eux c’est à partir d’une autre logique que la peur de la catastrophe qu’il faut construire une classe écologique, comme il y a eu une classe ouvrière. Lire la suite « Une lutte de classe écologique ? »

L’énergie ne fait pas tout !

Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain publient une BD sur la crise énergétique et climatique, Un monde sans fin (BD, Dargaud, 2021)

L’analyse historique et technique est très précise et intéressante. La critique du charbon, du pétrole et du gaz, les limites des énergies décarbonées sont pertinentes et pédagogiques.
La fin de l’ouvrage traite en quelques pages la question essentielle des choix et, de façon rapide, les mécanismes hormonaux qui orientent nos décisions avec la dopamine.

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Le déluge a commencé

Le déluge selon la Genèse

 » Les eaux crûrent et soulevèrent l’arche, et elle s’éleva au-dessus de la terre. Les eaux grossirent et s’accrurent beaucoup sur la terre, et l’arche flotta sur la surface des eaux. Les eaux grossirent de plus en plus, et toutes les hautes montagnes qui sont sous le ciel entier furent couvertes. Les eaux s’élevèrent de quinze coudées au-dessus des montagnes, qui furent couvertes. Tout ce qui
se mouvait sur la terre périt, tant les oiseaux que le bétail et les Lire la suite « Le déluge a commencé »

La montée du niveau de la mer d’ici 2100

La montée du niveau de la mer d’ici 2100 Scénarios et conséquences
Denis Lacroix, Olivier Mora, Nicolas de Menthière, Audrey Béthinger
Quae, 2021.

Cet ouvrage présente un état des lieux des connaissances sur l’augmentation du niveau des mers, et neuf scénario qui présentent le grand intérêt de décrire notre avenir en fonction de la période de prise de conscience du danger, et de la nature de cette prise de conscience, mondiale ou fragmentée.

Nous reprenons ici des extraites du texte, sans guillemets pour alléger la lecture, sachant que l’ouvrage est disponible en téléchargement gratuit sur le site des éditions QUAE et que le texte parle par lui-même. Nous avons seulement réorganisé l’ordre de quelques paragraphes et extrait Lire la suite « La montée du niveau de la mer d’ici 2100 »

De la relativité de la propriété de la terre

Le projet de Sarah Vanuxem est de montrer deux choses. D’abord que nous devons chercher à vivre avec les non humains, à respecter leurs droits ; ensuite que ceci peut se faire à l’intérieur de notre tradition juridique, sans créer d’autres institutions.

Nous devons respecter les droits des animaux, mais aussi des plantes, des paysages, et négocier avec eux les conditions d’une coexistence positive. C’est vrai pour les loups, les montagnes, le littoral etc.

Pour ce faire, certains proposent de donner une personnalité juridique aux non humains. Ce serait paradoxal car il s’agirait d’appliquer aux non humains la logique naturaliste qui nous conduit à leur nier l’existence. Au contraire Lire la suite « De la relativité de la propriété de la terre »