Dimensions spirituelles de la crise écologique

Exposé à l’Université permanente de Nantes, 21 mars 2022

Les explications de notre non-prise en compte des enjeux de la crise écologique sont innombrables. Elles sont biologiques (la préférence au cout terme, les émissions de dopamine), psychologiques (dissonance cognitive), économiques (temps de retour sur investissement), cognitives (prévisions linéaires, décalage entre notre capacité d’action et notre capacité de réflexion, amnésie intergénérationnelle), politiques (encore la préférence pour le court terme), idéologiques (croyance au progrès) … il y en a trop pour que cela ait un sens. La raison profonde est ailleurs, c’est la question de ce soir.

La crise écologique a-t-elle une dimension spirituelle ?

Oui. Pour trois raisons.
La crise écologique remet en cause notre relation aux vivants non-humains.
La crise écologique remet en cause notre rapport aux humains des générations futures, notre rapport à la mort.
Nous ne changerons pas notre mode de vie si nous ne changeons pas notre relation entre notre tête et notre cœur. Lire la suite « Dimensions spirituelles de la crise écologique »

Une lutte de classe écologique ?

Bruno Latour et Nikolaj Schultz, Mémo sur la nouvelle classe écologique, Les empêcheurs de penser en rond, 2021.

La question que posent les auteurs, c’est pourquoi la question de l’écologie est omniprésente et qu’il ne se passe rien ? Pour eux c’est à partir d’une autre logique que la peur de la catastrophe qu’il faut construire une classe écologique, comme il y a eu une classe ouvrière. Lire la suite « Une lutte de classe écologique ? »

Un pays de cocagne

Les ouvriers de la 11eme heure. Matthieu 20, 1-16

 « …le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.

 Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.” Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?” Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”

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Diminuer la productivité pour libérer le travail

Histoire de deux utopies : le travail dans un monde de l’après-croissance

Simon Mair⁎, Angela Druckman, Tim Jackson, Ecological Economics, 21 mars 2020 https://doi.org/10.1016/j.ecolecon.2020.106653

Les auteurs de cet article réussissent un tour de force, annoncer que dans le futur nous travaillerons plus et promouvoir le revenu universel. Du coup je serai presque favorable à la proposition du revenu universel telle qu’elle est présentée.

En s’inspirant librement des utopies des siècles précédents, dont ils considèrent Lire la suite « Diminuer la productivité pour libérer le travail »

Décarboner l’économie, De l’huile de roche à l’huile de coude

La réduction du temps de travail apparaît comme une tendance séculaire, qui irait dans le sens de l’histoire, et les débats sont toujours vifs sur la question de savoir si cette évolution est favorable à l’emploi. Mais si nous étions à l’aube d’un renversement de tendance, si le temps d’activité, professionnelle et domestique, devait augmenter ?

Dans l’a-venir ce qui pourrait devenir universel ce n’est pas le revenu, c’est le travail. Le travail au sens large de l’activité professionnelle et domestique, le travail au sens de l’œuvre réalisée et pas seulement du labeur. Le présent ouvrage présente une synthèse entre les enjeux de l’exclusion du travail des plus fragiles, et ceux des risques environnementaux Lire la suite « Décarboner l’économie, De l’huile de roche à l’huile de coude »

Sobriété et permaculture circulaire

Note de lecture de l’ouvrage de Christian Arnsperger, Dominique Bourg, Ecologie intégrale, Pour une société permacirculaire, PUF, 2017.

Voilà un petit livre doublement intéressant. D’abord parce qu’il associe étroitement la dimension personnelle et la dimension collective, la sobriété choisie et la réduction de la consommation de matière dans l’économie. Ensuite parce qu’il tente de proposer des indicateurs pour guider notre chemin vers une société soutenable ayant une empreinte écologique d’une planète.

La société que nous proposent les deux auteurs repose sur deux principes la permacircularité et la sobriété volontaire. Ou plutôt l’inverse, la sobriété choisie d’abord, volontaire, pour des raisons plus philosophiques et Lire la suite « Sobriété et permaculture circulaire »

La Décroissance au prisme de la modélisation prospective

Francois Briens. La Décroissance au prisme de la modélisation prospective : Exploration macro-économique d’une alternative paradigmatique.

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Voici une thèse d’économie fort intéressante ; l’auteur tente de modéliser la manière dont pourraient évoluer certaines dimensions quantitatives du système socio-économique français, selon des scénarios visant à la fois une soutenabilité sociale et environnementale. Nous n’avons jusqu’à présent que des évaluations sectorielles non systémiques : il est possible d’évaluer l’impact d’une augmentation de la densité d’habitation par logement, mais seulement sur la consommation d’énergie, pas sur l’ensemble du système. On peut évaluer l’impact d’un régime Lire la suite « La Décroissance au prisme de la modélisation prospective »

La décroissance choisie comme première utopie sociale

« Force est de reconnaître que le magasin des utopies est plutôt mal achalandé. On peut cependant en repérer trois grandes qui, aujourd’hui, s’expriment au travers de relais d’opinion, et de mouvements plus ou moins organisés : la décroissance, la société collaborative ou participative, ainsi Lire la suite « La décroissance choisie comme première utopie sociale »