La situation est désespérée mais ce n’est pas grave…

Le philosophe et protestant Martin Steffens a publié récemment un article sur ce thème à propos de la bioéthique. Nous le reprenons à propos du climat.

Oui le climat se dégrade, la biodiversité disparaît, c’est désormais probablement sans espoir (cf. le rapport spécial n° 15 du GIECC d’octobre 2018) donc désespéré. Mais ce n’est pas grave car…

Du point de vue scientifique la durée de vie de l’espèce humaine est de toutes façons limitée. Nous existons déjà depuis environ sept millions d’années. Il y aura une fin.

Du point de vue religieux chrétien la fin de l’humanité se nomme l’apocalypse, ce qui n’est pas une catastrophe mais une bonne Lire la suite « La situation est désespérée mais ce n’est pas grave… »

L’ami de Saint-François

Film. L’ami de Saint François. Décembre 2016
Il y a dans ce film un passage fort quand Élie commence à cultiver un bout de terre, et se fait réprimander par ses compagnons. Il veut aider les pauvres, alors que François dit qu’il suffit de recevoir, de partager la vie des pauvres. C’est de l’orgueil lui disent-ils. Et après la terre, tu voudras une maison, et après un château.

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Lazare, le riche et le climat

Evangile Luc 16, 19-31, Lazare et le riche

Le riche était dans la fournaise, et il demande à Abraham de lui envoyer Lazare avec un doigt mouillé pour le rafraîchir. Abraham refuse, personne ne peut franchir l’abîme qui les sépare, ni dans un sens ni dans l’autre. Alors le riche lui demande d’envoyer Lazare sur la terre pour porter témoignage auprès de ses cinq frères. Abraham lui répond que ses frères ont Moïse et les prophètes et que s’ils ne les écoutent pas ils n’écouteront pas plus quelqu’un qui revient de chez les morts.

Nous avons eu les avertissements d’Henri David Thoreau, d’Ivan Illich, Jacques Ellul ou Arne Naess, et aujourd’hui de si nous n’écoutons pas le pape François et les prophètes d’aujourd’hui, comme Jean Jouzel, Nicolas Hulot, Bernard Hallet, Pierre Rahbi, Cecile Renouard… Nous n’écouterons pas plus ceux qui reviendraient du royaume des morts. C’est à dire ceux qui seraient la preuve, mort-vivante, du devenir de ceux qui ne croient pas.

La preuve ne change pas le cœur de l’homme. L’acceptation de sa pauvreté seule peut le conduire à changer.

Une autre façon de le dire est que « Nous ne croyons pas ce que nous savons ». Le savoir est nécessaire, mais il peut seulement étayer la conviction. C’est mon cœur qui doit changer, ma tentation du pouvoir sur la nature, les autres, le temps et les événements, que je dois abandonner, pour pouvoir comprendre ce qui nous arrive, ce que nous faisons à la nature et aux hommes, à la Création, donc au Dieu créateur.

Ceux qui contestent la nécessité de reconnaître nos limites ou de réduire notre consommation ne croient que ce qu’ils voient. Comme ils ne voient pas le CO2, l’acidité des océans, les radiations nucléaires, ils ne croient pas que notre environnement est attaqué. Ils sont comme Saint Thomas qui ne voulait pas croire que Jésus était ressuscité. Il ne s’agit pas de dire que la foi en Dieu est de même nature que la reconnaissance du changement climatique, nous ferions la même erreur que ceux qui parlent de foi dans le progrès. Mais c’est la question de l’invisible qui est posée.

Sur Laudato Si’, le jour de sa parution

Ce qui suit est un point de vue subjectif et personnel, et rapide, le jour de sa sortie pour des interventions dans les médias, sur cette belle encyclique. des analyses plus structurées viendront plus tard. Je vais vous dire d’abord ce que je retiens, ce à quoi le Pape m’appelle, nous appelle.

Il m’appelle à ralentir, « ralentir la marche pour regarder la réalité d’une autre manière » (114). En effet comment voir ce qui change si je ne m’arrête pas, comment louer la Création si je n’ai pas le temps. Mais il demande aussi de « ralentir un rythme déterminé de Lire la suite « Sur Laudato Si’, le jour de sa parution »

Spiritualité et transition sociétale : quel apport, quel rapport ?

La spiritualité a beaucoup d’acceptions, ce qui ne clarifie pas le débat…

 C’est selon Le Larousse,

–          La qualité de ce qui est esprit, de ce qui est dégagé de toute matérialité : La spiritualité de l’âme, de la poésie.

–          Ce qui concerne la doctrine ou la vie centrée sur Dieu et les choses spirituelles.

Selon Wikipedia,

  • Elle se rattache conventionnellement, en occident, à la religion dans la perspective de l’être humain en relation avec des êtres supérieur (Dieux, démons) et le salut de l’âme.
  • Elle se rapporte, d’un point de vue philosophique, à l’opposition de la matière et de l’esprit ou encore de l’intériorité et de l’extériorité.
  • Elle désigne également la quête de sens, d’espoir ou de libération et les démarches qui s’y rattachent (initiations, rituels).
  • Elle peut également, et plus récemment, se comprendre comme dissociée de la religion, jusqu’à évoquer une « spiritualité sans religion » ou une « spiritualité sans dieu ».

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