L’automatisation et l’emploi selon l’économie classique

Xavier Jaravel vient de se voir attribuer le prix du meilleur jeune économiste. Bravo. Nous avons donc regardé l’une des publications à laquelle il a contribué sur la relation entre l’emploi et la productivité puisque Le Monde met en exergue ce thème de recherche..

Cette analyse montre seulement qu’en système concurrentiel ceux qui produisent moins cher prennent des parts de marché et/ ou augmentent le volume de la consommation des acheteurs.

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Guerre aux inégalités

Walter Scheidel, Une histoire des inégalités, Actes Sud, 2021

Résumé

J’ai longtemps avancé que la transition écologique ne serait possible et juste que si l’on menait en même temps une réduction forte des inégalités. Walter Scheidel montre que la réduction des inégalités ne s’est produite, dans l’histoire, qu’en périodes de crise aiguë. Il a sans doute raison. Nous vivrons donc une nouvelle phase de réduction des inégalités, mais quand, et seulement quand, la crise écologique bouleversera nos modes de vie. Dommage.

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Les ravaudeurs et les extracteurs

Bruno Latour, Où suis-je ? La Découverte, 20121

Un livre étonnant, sous forme de conte décalé de La métamorphose de Kafka appliquée à la crise du Covid. Un conte ou les personnages sont des holobiontes hétérotrophes vivant dans une zone critique de quelques km d’épaisseur, sur une Terre qui tourne sur elle-même et essore ses occupants comme dans un tambour de machine à laver. Où va-t’on ?

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La pandémie, un temps privilégié pour changer

Pape François, Un temps pour changer, Flammarion, 2020

Le pape François livre ses réflexions sur les changements qu’il entrevoit en cette période de pandémie et de confinement. Il est, nous dit son interlocuteur, plein de passion, d’énergie et d’humour. Il vit cette période de façon intense, c’est une crise au sens propre du terme, un passage qu’il veut, avec force, nous faire partager. Il ne s’agit Lire la suite « La pandémie, un temps privilégié pour changer »

Peut-on arrêter le progrès ? Le cas de la 5G

La 5G pourrait révolutionner notre façon de produire, mais aussi d’être contrôlé. Comment engager le débat, pourquoi engager le débat ? Il n’y a pas eu de débat sur le lancement d’Internet, ni sur les évolutions successives de la 2G, 3G, 4G… pourquoi y en aurait-il un pour la 5G ?

• Parce que toute nouvelle technologie devrait être soumise à débat, or celle-ci est lancée avant tout débat public et avant la publication du rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) prévu pour début 2021… Lire la suite « Peut-on arrêter le progrès ? Le cas de la 5G »

Connectivité ou résilience ? Il faut choisir

Anatomie et résilience de l’écosystème global de production (GPE). Article paru dans Nature, 6 novembre 2019

Commentaires

Cet article propose une vision systémique de la sphère de production biologique qui est très intéressante. La notion de diversité des productions rejoint le mouvement de renaissance des vieux légumes, des céréales diversifiées pour le pain, la sauvegarde des espèces d’élevage menacées.

La proposition de réduction de la connectivité rejoint le principe de relocalisation, non pour des raisons énergétiques ou sociales, mais pour des raisons de résilience globale.

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À propos de la PMA

Le débat se développe autour de la révision de loi de bioéthique, en particulier sur la PMA, procréation médicale assistée. Il y a eu des débats sur le droit à l’avortement, d’autres ensuite sur le mariage pour tous, qui ont divisé les chrétiens. Concernant la PMA pour tous, en sera-t-il de même ? Qu’en aurait dit Sarah qui a demandé à Abraham d’avoir un enfant avec sa servante (Gn 16, 1-2) ?

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Homéopathie, pourquoi tant de haine ?

Le Monde du 12 juillet 2019 a publié un éditorial favorable au déremboursement de l’homéopathie . Je n’en reviens pas. Pourquoi cette prise de position alors que, la veille dans le même journal, l’interview de Valérie Lorentz-Poinsot qui mettait clairement en évidence le caractère biaisé de l’analyse de la Haute autorité de santé. Pourquoi avancer que la question du coût est négligeable alors que, selon M. Boetsch, président des pharmaciens d’Alsace interviewé par Le Monde du même jour, cela pourrait se traduire par un coût de 200 millions de dépenses supplémentaires ?
Pourquoi cette affirmation alors qu’un article fort documenté de l’hebdomadaire La Vie du 23 mai (La Vie fait partie du groupe Le Monde) fait état des études montrant l’efficacité de l’homéopathie, non prises en compte par la HAS ?

Lecteur du Monde depuis plus de 40 ans, je suis révolté. Soit les auteurs de l’éditorial font partie des rationalistes restés à la physique du XIXe siècle et sont étrangers aux théories faisant intervenir les ondes dans les phénomènes physico-chimiques (la mémoire de l’eau), c’est dommage. Soit la pression des grandes sociétés pharmaceutiques aura été la plus forte, mais je préfère ne
pas le croire.

À titre personnel je me soigne depuis 45 ans principalement (mais pas uniquement) par homéopathie, en y associant, en tant que de besoin, l’allopathie et l’acupuncture. Pour les auteurs de l’éditorial, je leur propose de prendre le plus rapidement possible trois granules dHydrastis, dilution 5CH (7CH s’ils sont très réfractaires) : peu de temps après ils devraient avoir le nez très sec et un risque de sinusite. Si l’homéopathie ne les soigne pas, elle peut les rendre malade, ne serait-ce pas un signe d’efficacité ?

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La tragédie du court terme

On connaissait la tragédie des communs. Selon le biologiste Garett Hardin (Sciences, 1968) l’usage commun des ressources naturelles conduit à sa surexploitation et la privatisation est la solution. Selon d’autres courants de pensée, la privatisation conduit aussi à la surexploitation, de manière différente, et la solution est la gestion commune, collective.

Il y maintenant selon des économistes la tragédie du court et du long terme ( Nicolas Hulot, Le Monde, 2 juillet 2019). Deux tragédies que dessinent notre avenir dans l’espace et dans le temps. Le long terme c’est notre temps commun à tous, et encore plus à nos enfants. Le court terme c’est celui de chacun, et de la génération des adultes d’aujourd’hui, des entreprises, des consommateurs compulsifs.

Communs et court/long terme ont donc beaucoup à voir. Les productions à long terme comme les forêts sont en partie gérées comme des communs – même si la gestion à long terme laisse la place à une gestion court terme en France par l’ONF). Les tourbières sont des espaces communs le plus souvent. En revanche les cultures annuelles sont généralement privées, comme les cultures de céréales ou de légumes mais avec des pratiques qui, de façon encore majoritaire, épuisent le sol.

Les rivières sont des biens communs dans lesquels des utilisateurs privés puisent parfois au delà du possible, mettant en péril ce bien commun.

La tragédie est là. Au théâtre on parle d’unité de lieu et de temps, et des acteurs jouent sur la scène. Sur la scène de la Planète, nous vivons une unité de lieu et de temps, et nous sommes tous les acteurs.

aider la recherche, mais n’importe laquelle

Deux informations cette semaine dans le journal Le Monde. D’abord l’annonce que la société Total installe à Pau l’un des plus gros ordinateurs d’entreprise du monde. À quoi sert-il ? À analyser les relevés stratigraphiques du fond des mers pour la recherche de gisements de pétrole et à ajuster l’exposé des gisements. Voilà une belle contribution à la baisse de notre consommation en énergies fossiles… mais de cela le reportage ne dit pas un mot. Et le 29 juin l’éditorial du même journal dénonce le fait que les subventions aux énergies fossiles aient doublé en dix ans en France (et que les émissions de gaz à effet de serre soient réparties à la hausse).

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