Tout peut changer, Naomi Klein

Tout peut changer, Naomi Klein, Actes Sud, 2015

Les premiers chapitres ce livre sont intéressants, ensuite moins, c’est le classique empilement de données, de faits, de synthèses des ouvrages anglo-saxons sur des sujets souvent déjà traités. Néanmoins, ne boudons pas le début ni les formules percutantes, l’auteur est journaliste.

Chapitre 1 Le capitalisme

Pour commencer, NK passe en revue les raisons pour lesquelles, malgré tout ce qui est dit et écrit, nous ne changeons pas. Foin des raisons sociologiques, psychologiques ou autres, Lire la suite « Tout peut changer, Naomi Klein » →

Basam-Damdu contre l’occident

Avez-vous lu le dernier Blake et Mortimer paru en décembre 2014, Le bâton de Plutarque ?

Il renouvelle l’intrigue classique de la 3e guerre mondiale et du péril jaune, et l’explicite dans la dernière vignette de la planche 37 : « Il faut que les alliés et les nazis continuent à s’affaiblir mutuellement le plus longtemps possible. Ce sera tout bénéfice pour notre empereur, après cette guerre » dit le colonel Olrik. Je ne peux lire cette aventure sans faire un parallèle avec notre monde d’aujourd’hui. Nous nous affaiblissons mutuellement par la concurrence entre les pays dits développés, concurrence qui génère le chômage par une course infinie à la productivité et affaiblit donc nos démocraties. Nous nous affaiblissons en menant des guerres économiques sans aucun projet sociétal. C’est laisser la place à l’ennemi, aux idéologies totalitaires, à ceux qui promettent de redonner un sens à la vie. Alors que nous avons, dans notre héritage, tout ce qu’il faut pour donner ce sens, mais il semblerait que seule l’économie compte ? C’est pourtant ce que l’on ne peut pas compter qui fait vivre, il est temps de le rappeler.

Les neuf frontières de la planète

Les frontières de la planète

Sources Nature 461, 2009, Ecology and society, 14, 2009, Science 15 janvier 2015

Chacun connaît les inducteurs de limite des activités de l‘homme, dont l’empreinte écologique, l’empreinte carbone ou les indicateurs du climat.

Le groupe de chercheurs de différents pays du monde (anglophones) réunis autour du laboratoire de résilience planétaire de l’université de Stockholm a défini neuf « frontières » pour la planète. Ces frontières correspondent aux limites caractérisées par une probabilité de changement brusque, non linéaire, en fonction de l’évolution de variables clefs. Neuf domaines ont été définies, et trois frontières étaient dépassées en Lire la suite « Les neuf frontières de la planète » →

Taille et proportion, un livre d’Olivier Rey

Olivier Rey, Une question de taille, Stock, 2014

Beaucoup d’ouvrages traitent de la question des limites, en oubliant souvent la question de la taille et de la proportion de ce qui pose la question des limites. Il fait aussi le lien entre la limite et ce qui la fonde, la transcendance, pas seulement l’épuisement des ressources.

La question de la taille

Le monde est non linéaire, c’est à dire qu’en changeant de taille les différents éléments d’un ensemble ne varient pas de la même façon, et qu’il s’ensuit un changement de physionomie. Les diplodocus, les girafes, sont beaucoup plus grands que les animaux de leur phylum d’origine mais les proportions entre les membres, le corps et la tête sont différentes. Les géants de nos contes ne pourraient pas exister, car un géant 10 fois plus Lire la suite « Taille et proportion, un livre d’Olivier Rey » →

Spiritualité et transition sociétale : quel apport, quel rapport ?

La spiritualité a beaucoup d’acceptions, ce qui ne clarifie pas le débat…

 C’est selon Le Larousse,

–          La qualité de ce qui est esprit, de ce qui est dégagé de toute matérialité : La spiritualité de l’âme, de la poésie.

–          Ce qui concerne la doctrine ou la vie centrée sur Dieu et les choses spirituelles.

Selon Wikipedia,

  • Elle se rattache conventionnellement, en occident, à la religion dans la perspective de l’être humain en relation avec des êtres supérieur (Dieux, démons) et le salut de l’âme.
  • Elle se rapporte, d’un point de vue philosophique, à l’opposition de la matière et de l’esprit ou encore de l’intériorité et de l’extériorité.
  • Elle désigne également la quête de sens, d’espoir ou de libération et les démarches qui s’y rattachent (initiations, rituels).
  • Elle peut également, et plus récemment, se comprendre comme dissociée de la religion, jusqu’à évoquer une « spiritualité sans religion » ou une « spiritualité sans dieu ».

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Politique et transcendance

Dans Condition de l’homme moderne[1], Hannah Arendt écrit que sans transcendance aucune action politique n’est possible:

“A défaut de cette transcendance qui les fait accéder à une immortalité terrestre virtuelle, aucune politique au sens strict, aucun monde commun, aucun domaine public ne sont possibles. Car, à la différence du bien commun tel que l’entendait le christianisme – le salut de l’âme, préoccupation commune de tous –, le monde commun est ce qui nous accueille à notre naissance, ce que nous laissons derrière nous en mourant. Il transcende notre vie aussi bien dans le passé que dans l’avenir; il était là avant nous, il survivra au bref Lire la suite « Politique et transcendance » →

Lectures écolos, le zoo de Mengele

Le zoo de Megele, roman norvégien de Gert Nygardshaug (éditions J’ai Lu), a été traduit en français au printemps 2014. Un roman attachant, qui met en scène l’aventure d’un enfant, Mino,  devenant adulte, de la forêt amazonienne de son enfance à la lutte au niveau mondial contre les attaques à son milieu natal. La référence à Mengele fait un parallèle Lire la suite « Lectures écolos, le zoo de Mengele » →

Le tirage au sort est démocratique

Note de lecture : David van Reybrouck, Contre les élections, Actes Sud, 2014

La thèse de ce livre est que le système des élections n’a jamais été démocratique, que les premières démocraties ont reposé sur un système mixte de tirage au sort et d’élections et non sur un système basé exclusivement sur des élections. Celui-ci correspond historiquement à des sociétés élitistes, aristocratiques ou oligarchiques. Il a été mis en place dans les temps modernes à l’occasion de révolutions, mais des révolutions républicaines, pas des révolutions démocratiques, et ne concernait au départ qu’une partie de la population avec le suffrage censitaire. Son extension progressive à une part de plus en plus importante de la population lui donne une apparence démocratique, mais étendre un système élitiste sur un ensemble plus large ne modifie pas le principe fondamental du système, il en cache les ressorts intimes. Et il arrive aujourd’hui à épuisement. Voilà une manière intéressante d’aborder le débat souvent confus entre démocratie représentative, participative, délibérative ou directe. Lire la suite « Le tirage au sort est démocratique » →

Pour une société plus simple

Nous vivons quotidiennement dans la complexité, sans en avoir toujours conscience, pour notre alimentation, notre logement, nos déplacements, nos achats, les services que nous sollicitons et la gestion de notre société elle-même. […]

Si l’on accepte le fait que le monde va toujours vers plus de complexité, et que c’est cela le Lire la suite « Pour une société plus simple » →