Spiritualité et transition sociétale : quel apport, quel rapport ?

La spiritualité a beaucoup d’acceptions, ce qui ne clarifie pas le débat…

 C’est selon Le Larousse,

–          La qualité de ce qui est esprit, de ce qui est dégagé de toute matérialité : La spiritualité de l’âme, de la poésie.

–          Ce qui concerne la doctrine ou la vie centrée sur Dieu et les choses spirituelles.

Selon Wikipedia,

  • Elle se rattache conventionnellement, en occident, à la religion dans la perspective de l’être humain en relation avec des êtres supérieur (Dieux, démons) et le salut de l’âme.
  • Elle se rapporte, d’un point de vue philosophique, à l’opposition de la matière et de l’esprit ou encore de l’intériorité et de l’extériorité.
  • Elle désigne également la quête de sens, d’espoir ou de libération et les démarches qui s’y rattachent (initiations, rituels).
  • Elle peut également, et plus récemment, se comprendre comme dissociée de la religion, jusqu’à évoquer une « spiritualité sans religion » ou une « spiritualité sans dieu ».

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Politique et transcendance

Dans Condition de l’homme moderne[1], Hannah Arendt écrit que sans transcendance aucune action politique n’est possible:

“A défaut de cette transcendance qui les fait accéder à une immortalité terrestre virtuelle, aucune politique au sens strict, aucun monde commun, aucun domaine public ne sont possibles. Car, à la différence du bien commun tel que l’entendait le christianisme – le salut de l’âme, préoccupation commune de tous –, le monde commun est ce qui nous accueille à notre naissance, ce que nous laissons derrière nous en mourant. Il transcende notre vie aussi bien dans le passé que dans l’avenir; il était là avant nous, il survivra au bref Lire la suite « Politique et transcendance »

Lectures écolos, le zoo de Mengele

Le zoo de Megele, roman norvégien de Gert Nygardshaug (éditions J’ai Lu), a été traduit en français au printemps 2014. Un roman attachant, qui met en scène l’aventure d’un enfant, Mino,  devenant adulte, de la forêt amazonienne de son enfance à la lutte au niveau mondial contre les attaques à son milieu natal. La référence à Mengele fait un parallèle Lire la suite « Lectures écolos, le zoo de Mengele »

Le tirage au sort est démocratique

Note de lecture : David van Reybrouck, Contre les élections, Actes Sud, 2014

La thèse de ce livre est que le système des élections n’a jamais été démocratique, que les premières démocraties ont reposé sur un système mixte de tirage au sort et d’élections et non sur un système basé exclusivement sur des élections. Celui-ci correspond historiquement à des sociétés élitistes, aristocratiques ou oligarchiques. Il a été mis en place dans les temps modernes à l’occasion de révolutions, mais des révolutions républicaines, pas des révolutions démocratiques, et ne concernait au départ qu’une partie de la population avec le suffrage censitaire. Son extension progressive à une part de plus en plus importante de la population lui donne une apparence démocratique, mais étendre un système élitiste sur un ensemble plus large ne modifie pas le principe fondamental du système, il en cache les ressorts intimes. Et il arrive aujourd’hui à épuisement. Voilà une manière intéressante d’aborder le débat souvent confus entre démocratie représentative, participative, délibérative ou directe. Lire la suite « Le tirage au sort est démocratique »

Pour une société plus simple

Nous vivons quotidiennement dans la complexité, sans en avoir toujours conscience, pour notre alimentation, notre logement, nos déplacements, nos achats, les services que nous sollicitons et la gestion de notre société elle-même. […]

Si l’on accepte le fait que le monde va toujours vers plus de complexité, et que c’est cela le Lire la suite « Pour une société plus simple »

Pour une société plus simple

Nous vivons quotidiennement dans la complexité, sans en avoir toujours conscience, pour notre alimentation, notre logement, nos déplacements, nos achats, les services que nous sollicitons et la gestion de notre société elle-même. […]

Si l’on accepte le fait que le monde va toujours vers plus de complexité, et que c’est cela le progrès, il faut se poser la question de savoir dans quel domaine nous pouvons poursuivre une telle complexification, sans la rendre mortelle. Nous sommes placés face à un choix : entre une complexification technique accompagnée d’une augmentation des coûts de fonctionnement de la société et une complexification et un enrichissement des processus humains accompagnés d’une simplification technique.

Article paru dans Christus, n° 244, octobre 2014

Menace de grève dans la noosphère !

L’Homme cherche et cherchera toujours à progresser. Le sens de l’évolution, qui correspond ici au progrès, c’est un accroissement de la complexité dans l’unité, donc de la conscience. L’Homme n’est prêt à continuer ses efforts s’il est assuré d’un résultat, et d’un résultat qui ne meurt pas. Sinon il fera grève dans le domaine qui est devenu dominant pour le progrès, celui de la pensée. Nous sommes à l’heure du choix, entre le progrès technique qui nous renferme sur nous-mêmes ou le progrès de la conscience convergeant vers un état supérieur de stabilité. Tout l’intérêt de Teilhard de Chardin est de situer ce choix non pas sur un plan moral, ni social ou économique, mais par rapport à l’histoire de l’évolution. Lire la suite « Menace de grève dans la noosphère ! »

Philippe Bihouix, L’âge des low tech

Voici un livre drôle, engagé, instructif, qui donne envie d’agir. Pas si courant. Un livre parfois vite écrit, approximatif, mais ça fait partie du jeu. C’est une symphonie inachevée.

Le titre est accrocheur, mais le livre ne traite pas que de technologies, il aborde aussi les questions de l’épuisement des ressources, de la baisse nécessaire de la consommation, des politiques monétaires… Nous rendons compte ici essentiellement de l’aspect relatif aux technologies et à la consommation, le reste étant développé dans de nombreuses autres Lire la suite « Philippe Bihouix, L’âge des low tech »

Modéliser l’effondrement

De nombreux travaux ont décrit l’effondrement des civilisations au cours de l’histoire des Hommes (voir par exemple les travaux de Jospeh Tainter sur ce blog). Trois chercheurs des universités de Maryland et du Minnesota ont publié un article[1] où ils s’essaient à modéliser l’évolution des sociétés humaines en fonction de quatre critères : la population, les ressources naturelles, le surplus accumulé dénommé richesse, et enfin le degré d’inégalité de revenu dans la société. Ces variables sont intégrées dans un modèle Lire la suite « Modéliser l’effondrement »