Aimer le monde ou mourir

C’est le titre d’une chronique de Ron Rash dans le journal Le Monde du dimanche 23 décembre. La chronique parle de la qualité de l’eau, de plus en plus désastreuse aux États-Unis. C’est le titre qui m’a accroché. Je commence mes interventions sur Laudato si en citant le pape François qui nous demande :  » d’oser transformer en souffrance personnelle ce qui se passe dans le monde, et ainsi de reconnaître la contribution que chacun peut apporter. » (LS 19).
Ce n’est qu’en aimant la Terre et les hommes que nous pouvons nous engager à ne plus les détruire, ce n’est pas par des raisonnements ou des rapports d’experts. Les rapports aident à comprendre et à discerner qu’elle peut être une conduite raisonnable. Le motivation d’origine c’est l’amour.

La situation est désespérée mais ce n’est pas grave…

Le philosophe et protestant Martin Steffens a publié récemment un article sur ce thème à propos de la bioéthique. Nous le reprenons à propos du climat.

Oui le climat se dégrade, la biodiversité disparaît, c’est désormais probablement sans espoir (cf. le rapport spécial n° 15 du GIECC d’octobre 2018) donc désespéré. Mais ce n’est pas grave car…

Du point de vue scientifique la durée de vie de l’espèce humaine est de toutes façons limitée. Nous existons déjà depuis environ sept millions d’années. Il y aura une fin.

Du point de vue religieux chrétien la fin de l’humanité se nomme l’apocalypse, ce qui n’est pas une catastrophe mais une bonne Lire la suite « La situation est désespérée mais ce n’est pas grave… »

L’écologie intégrale n’est pas ce que vous croyez

Un collectif d’intellectuels proches des milieux chrétiens dénonce la tentative de lecture conservatrice de l’encyclique écologique « Laudato si’ » du pape François.

« Beaucoup d’entre nous ont soutenu l’opposition au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, dénoncent le projet destructeur d’EuropaCity, s’engagent contre la prolifération publicitaire, convertissent leurs pratiques alimentaires… Beaucoup s’engagent dans des styles de vie radicalement nouveaux. »

Tribune publiée dans le journal Le Monde du 26 juillet 2018, signée par Pierre-Louis Choquet, géographe ; Arnaud du Crest, ingénieur agronome ; Gaël Giraud, économiste jésuite ; Laura Morosini, juriste de l’environnement, accompagnatrice en conversion écologique ; Marcel Remon, prêtre, directeur du Ceras ; Cécile Renouard, philosophe, religieuse de l’Assomption ; Jean-Luc Souveton, prêtre, initiateur des Assises chrétiennes de l’écologie.

L’éthique du champion, une éthique dangereuse

L’éthique du champion est une idée force de notre Président de la République. Un migrant sauve un enfant, c’est un champion, il est décoré. Des entreprises  remportent des succès à l’exportation, ce sont des championnes. Le champion est celui qui réussit, on ne discute pas le contenu du résultat, s’il réussit, c’est Lire la suite « L’éthique du champion, une éthique dangereuse »

Décarboner l’économie, De l’huile de roche à l’huile de coude

La réduction du temps de travail apparaît comme une tendance séculaire, qui irait dans le sens de l’histoire, et les débats sont toujours vifs sur la question de savoir si cette évolution est favorable à l’emploi. Mais si nous étions à l’aube d’un renversement de tendance, si le temps d’activité, professionnelle et domestique, devait augmenter ?

Dans l’a-venir ce qui pourrait devenir universel ce n’est pas le revenu, c’est le travail. Le travail au sens large de l’activité professionnelle et domestique, le travail au sens de l’œuvre réalisée et pas seulement du labeur. Le présent ouvrage présente une synthèse entre les enjeux de l’exclusion du travail des plus fragiles, et ceux des risques environnementaux Lire la suite « Décarboner l’économie, De l’huile de roche à l’huile de coude »

Sobriété et permaculture circulaire

Note de lecture de l’ouvrage de Christian Arnsperger, Dominique Bourg, Ecologie intégrale, Pour une société permacirculaire, PUF, 2017.

Voilà un petit livre doublement intéressant. D’abord parce qu’il associe étroitement la dimension personnelle et la dimension collective, la sobriété choisie et la réduction de la consommation de matière dans l’économie. Ensuite parce qu’il tente de proposer des indicateurs pour guider notre chemin vers une société soutenable ayant une empreinte écologique d’une planète.

La société que nous proposent les deux auteurs repose sur deux principes la permacircularité et la sobriété volontaire. Ou plutôt l’inverse, la sobriété choisie d’abord, volontaire, pour des raisons plus philosophiques et Lire la suite « Sobriété et permaculture circulaire »

Le champ magnétique de la boussole politique, à propos de Bruno Latour

Note de lecture : Bruno Latour, Où atterrir ? La Découverte, 2017

Proposer un nouvel axe de repérage politique qui puisse remplacer l’axe local/global droite/gauche qui ne fonctionne plus, expliquer pourquoi nous avons tant de mal à comprendre que nous faisons parité des vivants, de tous les vivants. Voilà deux enjeux fondamentaux que Bruno Latour essaie de faire avancer. C’est Lire la suite « Le champ magnétique de la boussole politique, à propos de Bruno Latour »