Lettre à nos élus sur la PMA

Voici la lettre que j’ai envoyée à mon député et à mon sénateur.

Monsieur le Député,

Vous avez débattu de la révision de la loi de bioéthique, et vous serez appelé à la voter en seconde lecture début 2020. Avant cette étape décisive, je voudrais vous alerter sur les dangers que je ressens vis à vis de ce projet.

Les débats se sont polarisés autour du devenir des enfants et c’est important. Mais je voudrais insister sur un autre enjeu, notre soumission à la technique. En effet,  la PMA pour les couples homosexuelles et la congélation des ovocytes ne sont pas des actes thérapeutiques mais des actes de substitution, des modalités techniques pour effectuer des actions que des femmes se refusent de faire (la procréation par des rapports sexuels naturels avec un homme) ou dont elles souhaitent reporter la date dans le cas de la congélation.

Il y a là un grand danger, c’est de faire de notre corps un simple support technique de la reproduction, qui ouvre la voie à toutes les dérives que vous, que nous ne serons pas en mesure d’éviter ensuite : choix des embryons les plus performants, sélection génétique appliquée aux humains, manipulations génétiques. C’est la voie ouverte à des régimes totalitaires, c’est en tous cas la mise à disposition de pratiques dont ils pourraient s’emparer. C’est potentiellement la fin de notre liberté.

La revendication de liberté ne tient donc pas. Celle d’égalité non plus. Que voudrait dire une égalité qui nie la différence ontologique entre les sexes ? Un couple qui ne peut, pour des raisons biologiques dont les couples homosexuels, avoir d’enfants, peut en adopter et c’est très bien.

On voit bien dans ce débat que la limite à l’utilisation de la technique pour donner plus de capacités au corps humain pose la question de nos limites, d’une frontière à définir. Faudrait-il revenir sur la PMA autorisée pour les couples infertiles ? Il y a un principe de réalité, ce n’est pas possible. Mais il est temps de définir cette frontière, sinon c’est notre humanité qui va se dissoudre dans la technique. L’alerte a été donnée il y a déjà longtemps par Aldous Huxley dans Le meilleur des mondes, ou Siegfried Giedion en 1948 dans son livre La mécanisation au pouvoir :  « on empiète dangereusement sur les fonctions de la nature lorsqu’on en arrive à réduire la production de la vie à un processus mécanique ».

L’alerte est donnée par tous ceux qui ont un peu étudié les projets du trans-humanisme, de l’homme (ou de la femme) augmenté. C’est un projet profondément inégalitaire (réservé à une minorité), donc injuste, et dangereux puisque l’on ne sait pas quels seraient les actes possibles de ces hybrides mi-homme mi-machines, équipés de systèmes informatiques capables de calculer 4 millions de fois plus vite que nos neurones.

Pour conclure, n’y-a-t’il pas une certaine schizophrénie à défendre la nature contre les atteintes qu’elle subit par nos procédés techniques (production de gaz à effet de serre, pollutions chimiques, destruction des sols) et, en même temps, d’autoriser la technique à envahir nos corps ? Avoir des dirigeants schizophrènes m’inquiète.

C’est pourquoi je vous demande, Monsieur le Député, de vous opposer à ce projet de loi.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Député, l’expression de mes sentiments les meilleurs,

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