L’homme domestiqué, l’homme assujetti au travail

James C. Scott, Homo domesticus, La Découverte, 2019

James Scott est un professeur de sciences politiques qui s’est intéressé à l’anthropologie, mais une école particulière de l’anthropologie, l’école anarchiste.

Une anthropologie anarchiste ? Oui, une réflexion profonde sur l’origine de l’Etat et la transformation des hommes libres et fiers en sujets soumis à un travail pénible. Ce travail reprend et complète les éléments déjà bien connus sur le fait que les chasseurs cueilleurs travaillent moins que les agriculteurs, mais il va beaucoup plus loin.

Lire la suite « L’homme domestiqué, l’homme assujetti au travail »

Comment meurent les démocraties

Steven Levitsky et Daniel Ziblatt, La mort des démocraties, Calman Lévy, 2019

Le titre original, How democracies die, est plus explicite. Les auteurs cherchent à expliquer l’affaiblissement des régimes démocratiques constaté dans le Monde actuellement. Leur analyse est plus une analyse des processus que des causes profondes, Lire la suite « Comment meurent les démocraties »

Simplifier la société ou croire au progrès des consciences ?

Simplifier la société ou croire au progrès des consciences ?

Note de lecture de Herbert George Wells, La destruction libératrice, Grama, 1995 (The World Set Free, début 1914)

Cet ouvrage de Wells tient autant de la réflexion philosophique que de la science fiction, et il est étonnamment moderne, plus d’un siècle après sa publication.
Il relate le monde d’après une guerre nucléaire mondiale, ce qui en1914 était prémonitoire.

Prémonitoire aussi la manifestation des chômeurs qui ne demandent que du travail, qui Lire la suite « Simplifier la société ou croire au progrès des consciences ? »

Aimer le monde ou mourir

C’est le titre d’une chronique de Ron Rash dans le journal Le Monde du dimanche 23 décembre. La chronique parle de la qualité de l’eau, de plus en plus désastreuse aux États-Unis. C’est le titre qui m’a accroché. Je commence mes interventions sur Laudato si en citant le pape François qui nous demande :  » d’oser transformer en souffrance personnelle ce qui se passe dans le monde, et ainsi de reconnaître la contribution que chacun peut apporter. » (LS 19).
Ce n’est qu’en aimant la Terre et les hommes que nous pouvons nous engager à ne plus les détruire, ce n’est pas par des raisonnements ou des rapports d’experts. Les rapports aident à comprendre et à discerner qu’elle peut être une conduite raisonnable. Le motivation d’origine c’est l’amour.

La situation est désespérée mais ce n’est pas grave…

Le philosophe et protestant Martin Steffens a publié récemment un article sur ce thème à propos de la bioéthique. Nous le reprenons à propos du climat.

Oui le climat se dégrade, la biodiversité disparaît, c’est désormais probablement sans espoir (cf. le rapport spécial n° 15 du GIECC d’octobre 2018) donc désespéré. Mais ce n’est pas grave car…

Du point de vue scientifique la durée de vie de l’espèce humaine est de toutes façons limitée. Nous existons déjà depuis environ sept millions d’années. Il y aura une fin.

Du point de vue religieux chrétien la fin de l’humanité se nomme l’apocalypse, ce qui n’est pas une catastrophe mais une bonne Lire la suite « La situation est désespérée mais ce n’est pas grave… »

L’écologie intégrale n’est pas ce que vous croyez

Un collectif d’intellectuels proches des milieux chrétiens dénonce la tentative de lecture conservatrice de l’encyclique écologique « Laudato si’ » du pape François.

« Beaucoup d’entre nous ont soutenu l’opposition au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, dénoncent le projet destructeur d’EuropaCity, s’engagent contre la prolifération publicitaire, convertissent leurs pratiques alimentaires… Beaucoup s’engagent dans des styles de vie radicalement nouveaux. »

Tribune publiée dans le journal Le Monde du 26 juillet 2018, signée par Pierre-Louis Choquet, géographe ; Arnaud du Crest, ingénieur agronome ; Gaël Giraud, économiste jésuite ; Laura Morosini, juriste de l’environnement, accompagnatrice en conversion écologique ; Marcel Remon, prêtre, directeur du Ceras ; Cécile Renouard, philosophe, religieuse de l’Assomption ; Jean-Luc Souveton, prêtre, initiateur des Assises chrétiennes de l’écologie.