Le jubilé hébraïque conjuguait le pardon des péchés, l’expiation, et des mesures sociales fortes, la libération des esclaves, la remise des dettes et la rétrocession des terres. L’origine de cette dernière mesure est discutée et pourrait être un emprunt à des traditions de Mésopotamie.
La rétrocession des terres a été pratiquée en Mésopotamie, en Grèce, en Chine, mais on n’a pas de trace pour le peuple hébreu. Cette règle remet en cause la propriété privée et l’héritage.
La renaissance du jubilé à partir du XIVème siècle a repris la tradition de la remise des péchés sous forme d’indulgence plénière, mais totalement occulté la dimension sociale, jusqu’au XXème siècle. Les thématiques de la libération des hommes et de la remise des dettes réapparaissent sous forme de remise de peine pour les prisonniers et de remise des dettes des pays pauvres. Les principes des limites de la propriété privée, de la libération des hommes sont inclus dans la doctrine sociale de l’église.
Les questions de concentration de la propriété des terres, de l’esclavage et de la dette sont des sujets très contemporains et importants. L’Église peut incarner ces principes dans la réalité de notre monde et reprendre une parole prophétique.
Article paru dans la Nouvelle Revue Théologique, n° 146 de septembre 2024. Résumé dans la revue Golias du 7 octobre 2024. Le texte intégral sera prochainement accessible pour les institutions et les auteurs sur https://shs.cairn.info/, et le n° peut être commandé sur https://www.nrt.be/fr